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Contextes et contextualisation de trouvailles monétaires — Kontext und Kontextualisierung von Fundmünzen — Contexts and the Contextualization of Coin Finds / S. Frey-Kupper – N. Wolfe-Jacot – M. Nick – C. Stannard (éds) (sous presse).
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Le sixième Colloque international organisé par le Groupe suisse de numismatique (GSETM) s'est tenu du 5 au 7 mars 2010 à Genève. Des spécialistes de renommée internationale y ont présenté les résultats de leurs recherches en grande partie inédits sur les trouvailles monétaires issues de contextes archéologiques et se sont interrogés sur les méthodes pour décrire les fonctions des monnaies. Les contributions recouvrent toutes les périodes, allant de la République romaine jusqu’aux temps modernes ainsi que les aires géographiques de l’Italie jusqu’en Europe septentrionale.

La numismatique des trouvailles monétaires se distingue de la numismatique traditionnelle, dans la mesure où elle est étroitement liée à l’archéologie et à ses trouvailles. Toutefois, les monnaies de fouilles sont souvent étudiées par les spécialistes sans tenir compte des autres objets archéologiques issus de ces mêmes fouilles. Le traitement des monnaies est fréquemment motivé par le seul objectif d’obtenir une détermination et une datation. Si bien que, autant pour l’archéologie que pour la numismatique, de nombreuses informations sont perdues. La mise en valeur du contexte archéologique ouvre cependant un large éventail de questions : en partant de la chronologie, en passant par la fonction de la monnaie, on arrive jusqu’au contexte social.

Le contexte d’une monnaie ne se limite pas à sa stratigraphie. Là où celle-ci s’arrête, commence la contextualisation, c’est-à-dire l’attribution d’un objet à l’environnement dans lequel il a été utilisé. Ce milieu peut varier considérablement même pour un seul et même type d’objet. Car ce que, dans de bonnes conditions, nous pouvons appréhender archéologiquement est tout au plus la dernière action à laquelle la monnaie a été associée, activement ou passivement : soit un dépôt intentionnel soit une perte. Parfois des événements antérieurs peuvent être retracés, comme, dans le cas de trésors, le mode de thésaurisation avant l’enfouissement. En outre, dans maints cas, la présence des monnaies et leur état fournissent des informations sur la succession des événements. Une démarche de type purement numismatique permet déjà d'obtenir des indications importantes. Toutefois, seuls les contextes archéologique, économique et social, nous donnent les moyens de comprendre les raisons de l’enfouissement et de la thésaurisation. Il en va de même pour la situation, souvent plus complexe, d’autres catégories, telles que les trouvailles funéraires, votives ou de site. Les causes de l’enfouissement peuvent être élucidées grâce à une tradition écrite, ou, pour les époques qui manquent de témoignages écrits, au moyen de modèles socio-économiques élaborés par les sciences voisines.

Le volume offre une vision de la variété des contextes dont les trouvailles monétaires sont issues. Il montre les méthodes appliquées, selon les cas, pour l’étude et la mise en valeur des trouvailles monétaires et quelles sont les questions à poursuivre.

Les contributions portent sur les sujets suivants :

    1. Le potentiel d’étude de différents types de trouvailles et de stratigraphies ;
    2. Aires de circulation — les monnaies comme clé d'interprétation du développement économique ;
    3. Le degré de monétarisation ou la deuxième et la troisième vie de monnaies antiques ;
    4. Fonctions des monnaies dans des environnements sociaux et économiques particuliers (rituels, offrandes, thésaurisation, etc.).